Une conseillère fait visiter un couloir de maison de retraite à une fille âgée et à sa mère, devant une chambre ouverte.
Publié le 24 décembre 2025
Modifié le 10 septembre 2026

Choisir une maison de retraite est une décision majeure qui impacte durablement la qualité de vie de la personne âgée et celle de ses proches. La France compte plus de 7 500 EHPAD accueillant près de 730 000 résidents : face à cette diversité d’offres et à la complexité du système gérontologique, une démarche méthodique s’impose. Ce guide détaille les étapes déterminantes : évaluation des besoins et du degré d’autonomie, comparaison des types d’établissements, analyse de la qualité, compréhension des tarifs et des aides, et déroulement de l’admission.

  • Le niveau de dépendance, évalué par la grille AGGIR (GIR 1 à 6), détermine le type d’établissement adapté et l’accès à l’APA.
  • Les EHPAD publics, hospitaliers, privés commerciaux ou associatifs ne proposent ni les mêmes prestations ni les mêmes tarifs.
  • La qualité se vérifie via l’évaluation externe de la HAS, les indicateurs DREES et les ratios d’encadrement.
  • Le coût se décompose en trois tarifs (hébergement, dépendance, soins) combinés à plusieurs aides : APA, ASH, APL/ALS.
  • L’admission passe par un dossier unique, une visite recommandée et la signature d’un contrat de séjour.

Évaluer les besoins de la personne âgée : autonomie, santé et GIR

L’évaluation de la dépendance constitue le point de départ de toute recherche de maison de retraite : elle détermine le type de structure adapté, les modalités de prise en charge et le niveau de financement possible.

La grille AGGIR et la classification des GIR

La grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources) évalue dix activités discriminantes et six activités illustratives pour attribuer à chaque personne âgée un groupe iso-ressources (GIR), de 1 (dépendance la plus lourde) à 6 (autonomie complète). Les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), tandis que les GIR 5 et 6 concernent les personnes autonomes ou légèrement dépendantes.

À retenir : Le GIR 1 correspond aux personnes confinées au lit ou au fauteuil, ayant perdu leur autonomie mentale, corporelle, locomotrice et sociale, nécessitant une présence continue d’intervenants. Le GIR 2 regroupe deux profils : des personnes confinées dont les fonctions mentales ne sont pas totalement altérées, et des personnes dont les fonctions mentales sont altérées mais qui conservent leurs capacités de déplacement.

Évaluer les troubles cognitifs et les pathologies

L’évaluation neuropsychologique est déterminante pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de pathologies apparentées. Des tests standardisés comme le MMSE (Mini Mental State Examination) ou le MoCA (Montreal Cognitive Assessment) permettent d’objectiver les déficits et d’orienter vers une structure adaptée. Les troubles du comportement — agitation, troubles du sommeil, déambulation, troubles de l’humeur — guident le choix entre un EHPAD classique et une unité spécialisée Alzheimer.

L’inventaire des pathologies chroniques (affections cardiovasculaires, diabète, pathologies respiratoires, troubles de la déglutition) et des handicaps physiques (déficiences sensorielles, troubles de la mobilité) précise les besoins en soins spécialisés et en aménagement de l’environnement. Les besoins en kinésithérapie, ergothérapie ou rééducation, ainsi que la coordination avec les professionnels de santé externes, complètent cette analyse. Enfin, anticiper les besoins médicaux futurs — notamment l’expertise en soins palliatifs et la formation du personnel à l’accompagnement de fin de vie — évite des réorientations traumatisantes.

Les informations à préparer avant de commencer ses recherches

  • Le niveau de GIR de la personne, établi à partir de la grille AGGIR par les services départementaux ou les équipes médico-sociales.
  • La liste des pathologies chroniques, des traitements en cours et des besoins en rééducation.
  • Le résultat des tests cognitifs le cas échéant, et l’existence de troubles du comportement.
  • Les ressources du résident, nécessaires pour simuler les aides financières.

Ce calcul du GIR et l’orientation vers les structures adaptées peuvent être accompagnés : des conseillers spécialisés aident les familles à évaluer les besoins et à identifier les établissements compatibles avec leur situation, par exemple pour trouver une maison de retraite à La Garde et ses environs.

Les types d’établissements : EHPAD, résidences autonomie et unités spécialisées

Chaque type de structure répond à des besoins, des niveaux de médicalisation et des budgets différents. Le tableau suivant en offre une synthèse avant le détail de chaque catégorie.

Comparatif des principaux types d’établissements pour personnes âgées
Type d’établissement Public accueilli Niveau de médicalisation
EHPAD public territorial Personnes dépendantes, souvent résidents locaux Élevé, tarifs réglementés
EHPAD hospitalier Personnes aux pathologies complexes Élevé, expertise médicale renforcée
Résidence autonomie (foyer-logement) Personnes autonomes ou légèrement dépendantes
EHPAD privé commercial ou associatif Personnes dépendantes, prestations variables Élevé, confort et tarifs variables
Unité spécialisée Alzheimer / Cantou Personnes atteintes de troubles cognitifs Très élevé, environnement adapté

EHPAD publics territoriaux et hospitaliers

Les EHPAD publics représentent environ 45 % de l’offre nationale et se distinguent par leur statut de service public et leurs tarifs réglementés. Les établissements territoriaux, gérés par les communes, intercommunalités ou départements, privilégient souvent l’accueil des résidents locaux : leur ancrage territorial favorise la continuité des relations sociales et la proximité familiale.

Les EHPAD hospitaliers, intégrés aux centres hospitaliers, offrent une expertise médicale renforcée et une coordination facilitée avec les services de soins aigus — un avantage significatif pour les pathologies complexes et la gestion des urgences, grâce à la mutualisation des moyens techniques et humains.

Résidences autonomie et foyers-logements

Les résidences autonomie, anciennement dénommées foyers-logements, accueillent des personnes âgées autonomes ou légèrement dépendantes dans un environnement sécurisé. Elles proposent des logements privatifs, des espaces communs et des services collectifs qui favorisent le maintien de l’autonomie dans un cadre rassurant.

Le niveau de services varie considérablement : de la simple mise à disposition d’espaces communs à l’organisation d’animations et de services à la personne. L’évolutivité de la prise en charge constitue un enjeu majeur, certaines résidences proposant des partenariats avec des services de soins infirmiers à domicile pour accompagner le vieillissement sur place.

Établissements privés commerciaux et associatifs

Le secteur privé occupe une part croissante du marché des EHPAD. Les groupes commerciaux investissent souvent massivement dans la qualité hôtelière et les nouvelles technologies, avec des prestations premium et un niveau de confort élevé — mais des tarifs généralement supérieurs. Les EHPAD associatifs, portés par des fondations, congrégations ou associations, privilégient une approche humaniste et des tarifs souvent plus accessibles.

Unités spécialisées Alzheimer et Cantou

Les unités spécialisées dans la maladie d’Alzheimer et les pathologies apparentées offrent une réponse adaptée aux besoins spécifiques de cette population. Les Cantou (Centres d’activités naturelles tirées d’occupations utiles) proposent un environnement thérapeutique structuré, qui favorise l’autonomie résiduelle et limite les troubles du comportement.

Ces unités se caractérisent par des effectifs renforcés, un personnel spécialement formé et un environnement architectural adapté. L’approche non médicamenteuse — thérapies comportementales et stimulation cognitive — constitue le cœur de la prise en charge des personnes confrontées à des troubles de la mémoire, avec pour objectifs prioritaires la qualité de vie des résidents et le soutien aux familles.

Comment juger la qualité d’un établissement : certifications, indicateurs et équipes

La qualité d’un EHPAD s’objectivent grâce à plusieurs repères : l’évaluation externe obligatoire de la Haute Autorité de Santé (HAS), les certifications volontaires, les indicateurs nationaux publiés par la DREES et la composition de l’équipe pluridisciplinaire.

L’évaluation externe de la HAS et les certifications

La HAS a développé un dispositif d’évaluation externe obligatoire pour tous les EHPAD. Son référentiel s’articule autour de huit thèmes principaux : projet de vie personnalisé, accompagnement de fin de vie, prévention de la maltraitance, organisation des soins, gestion des risques, gouvernance et amélioration continue. Cette approche multidimensionnelle permet d’évaluer la performance organisationnelle et la qualité de service délivrée aux résidents.

Des certifications privées comme NF Services – Résidences Services ou Qualicert complètent ce dispositif par un regard externe indépendant. La consultation des rapports d’évaluation externe, disponibles sur le site de la HAS, constitue une étape incontournable du processus de choix.

L’évaluation externe constitue un outil de dialogue et de progrès pour les établissements, permettant d’identifier les axes d’amélioration et de valoriser les bonnes pratiques développées au service des résidents.

Les indicateurs de qualité nationaux, publiés annuellement par la DREES, offrent une vision comparative de la performance des établissements : composition du personnel, taux d’occupation, incidents déclarés, satisfaction des résidents et des familles.

L’équipe pluridisciplinaire et les ratios d’encadrement

Les ratios d’encadrement, exprimés en équivalent temps plein (ETP) pour 100 résidents, constituent des indicateurs objectifs de la capacité d’un établissement à assurer une prise en charge individualisée. L’équipe soignante se compose principalement d’infirmiers diplômés d’État, d’aides-soignants et d’agents de service hospitalier. Le ratio moyen national s’établit autour de 0,6 ETP soignant par résident ; les structures les plus performantes atteignent 0,8 à 1 ETP.

L’équipe paramédicale — kinésithérapeute, ergothérapeute, psychomotricien, psychologue, souvent en temps partagé — contribue au maintien des capacités fonctionnelles et au bien-être psychologique. Un animateur qualifié pour 50 à 80 résidents représente un ratio satisfaisant, permettant des activités diversifiées et adaptées aux différents profils de dépendance, enrichies par l’implication de bénévoles et les partenariats associatifs locaux.

Checklist des points à vérifier lors d’une visite
  • Le rapport d’évaluation externe de la HAS et les certifications éventuelles (NF Services, Qualicert).
  • Les indicateurs DREES : taux d’occupation, composition du personnel, incidents déclarés.
  • Le ratio soignants/résidents et la présence régulière des professionnels paramédicaux.
  • La qualité de l’animation et le ratio animateur/résidents.
  • La transparence tarifaire et la clarté du contrat de séjour.
  • Les unités spécialisées Alzheimer si la situation le requiert.

L’analyse de la rédaction : croiser les données objectives (rapports HAS, indicateurs DREES, ratios) avec l’observation directe sur place, notamment l’attention portée aux gestes du quotidien, offre le meilleur compromis pour évaluer concrètement un établissement.

Une aide-soignante accompagne une résidente âgée assise dans un fauteuil dans le salon commun d'un établissement.
L’attention portée aux gestes du quotidien révèle concrètement la qualité de l’accompagnement d’un établissement.

Comprendre les tarifs et les aides financières : APA, ASH et autres dispositifs

Le coût d’un séjour en EHPAD se décompose en trois tarifs — hébergement, dépendance et soins — auxquels s’ajoutent plusieurs aides publiques : l’APA, l’ASH, l’APL ou l’ALS, et des aides fiscales.

Tarif hébergement et prestations hôtelières

Le tarif hébergement couvre les prestations hôtelières et de restauration, l’administration générale, l’entretien et l’animation sociale. Fixé par le président du conseil départemental, il varie significativement selon la localisation, le statut de l’établissement et le niveau de prestation : les écarts peuvent atteindre un rapport de 1 à 3 entre départements ruraux et zones urbaines denses.

Certaines prestations sont facturées en supplément : coiffure, pédicurie, blanchisserie du linge personnel, télévision ou téléphone. L’analyse détaillée du contenu du tarif permet d’éviter les mauvaises surprises — et la transparence tarifaire constitue elle-même un indicateur de la qualité de gestion de l’établissement.

Tarif dépendance et APA

Le tarif dépendance correspond aux prestations d’aide et de surveillance nécessaires à l’accomplissement des actes de la vie quotidienne. Modulé selon le GIR du résident, il est partiellement pris en charge par l’APA, laquelle est versée directement à l’EHPAD en déduction du tarif facturé. Le reste à charge varie selon les ressources du résident, l’APA étant soumise à conditions de ressources depuis 2016.

Attention : pour les GIR 5 et 6, aucune prise en charge du tarif dépendance n’est prévue : il reste intégralement à la charge du résident.

Tarif soins et assurance maladie

Le tarif soins couvre les prestations médicales et paramédicales dispensées dans l’établissement. Il est intégralement pris en charge par l’assurance maladie et fixé par le directeur général de l’agence régionale de santé en fonction des besoins en soins des résidents et des moyens mobilisés. En revanche, la coordination avec les professionnels libéraux (médecin traitant, spécialistes) peut générer des frais supplémentaires : il convient de s’informer sur leurs modalités de prise en charge.

Aide sociale à l’hébergement (ASH) et autres aides

L’aide sociale à l’hébergement constitue un dispositif de dernier recours pour les personnes ne disposant pas de ressources suffisantes. Versée par le conseil départemental, elle couvre la différence entre le coût de l’hébergement et la contribution du résident, calculée selon ses revenus. L’obligation alimentaire des descendants peut être mise en œuvre pour compléter le financement — un point qu’il convient d’anticiper, car il peut créer des tensions familiales.

L’ASH est accordée sous conditions strictes : âge minimum de 65 ans (60 ans en cas d’inaptitude au travail), résidence en France depuis au moins 3 mois, ressources insuffisantes, et séjour dans un établissement habilité à l’aide sociale. Cette habilitation ne concerne généralement qu’une partie des places, ce qui nécessite une réservation anticipée.

Les autres dispositifs incluent l’APL (pour les établissements conventionnés), l’ALS (structures non conventionnées) et la réduction d’impôt pour dépendance. La combinaison optimale de ces aides peut justifier le recours à un conseiller spécialisé : le service client de Cap Retraite informe gratuitement les familles sur les aides financières comme l’APA, l’ASH et l’ASPA.

1 à 3 rapport d’écart

Écart tarifaire possible du tarif hébergement entre départements ruraux et zones urbaines denses.

Le processus d’admission : dossier, visite et contrat de séjour

L’admission en EHPAD suit un processus réglementé, encadré par le code de l’action sociale et des familles, qui garantit l’équité de traitement et la transparence des décisions.

  1. Constituer le dossier unique d’admission : un dossier standardisé, utilisable pour plusieurs établissements, comprenant un volet administratif et social (complété par la personne âgée ou sa famille) et un volet médical (renseigné par le médecin traitant).
  2. Rassembler les pièces administratives : photocopie de la carte d’identité, dernier avis d’imposition ou de non-imposition, justificatifs de ressources (pensions de retraite, revenus du patrimoine), attestation de sécurité sociale et de mutuelle complémentaire. Pour les demandeurs d’aide sociale, des documents supplémentaires sur le patrimoine et la situation familiale sont requis.
  3. Faire compléter le volet médical : idéalement par le médecin traitant, qui détaille les pathologies, les traitements en cours, le degré d’autonomie selon la grille AGGIR et les besoins spécifiques de prise en charge.
  4. Réaliser une visite pré-admission : non obligatoire mais recommandée, elle permet de découvrir l’établissement, de rencontrer l’équipe dirigeante et d’aborder les aspects pratiques (personnalisation de la chambre, facturation, vie quotidienne, règlement intérieur). Un séjour temporaire d’adaptation peut être proposé, particulièrement bénéfique pour les personnes anxieuses face au changement.
  5. Signer le contrat de séjour : ce document contractuel obligatoire depuis 2002 précise les conditions d’hébergement, les prestations incluses et optionnelles, les tarifs, les modalités de révision, les droits et obligations de chaque partie, les procédures de réclamation et les conditions de résiliation.

La commission d’admission de l’établissement statue sur la candidature à partir de l’évaluation médico-sociale issue du dossier, et propose la date d’entrée la plus appropriée. La qualité du volet médical conditionne directement l’adaptation de la prise en charge et la réussite de l’intégration. La lecture attentive du contrat de séjour et du règlement de fonctionnement qui l’accompagne permet d’éviter les malentendus futurs et de sécuriser juridiquement la relation contractuelle.

 

Rédigé par Élise Mercier, rédactrice spécialisée dans les thématiques du grand âge, de l'autonomie et de l'accompagnement des familles dans leurs démarches liées aux maisons de retraite et aux EHPAD.